Death – Human

Death – Human

(Metal – paru le 22 Octobre 1991)

Chaque minute de ce disque est un monument d’intelligence musicale, d’inventivité malsaine et de colère subtile.

Lorsque j’ai entendu le morceau « Secret Face » sur la compilation « Masters of Brutality » lors de mon initiation au Death-Metal, à une époque où les compilations étaient de véritables chasses aux trésors et l’un des seuls moyens de découvertes avant internet, j’ai immédiatement acquis ce chef d’œuvre.

Des roulements de toms de l’introduction de « Flattening of Emotions » jusqu’à « Vacant Planets », la fine équipe de Chuck Schuldiner déroule tout son savoir faire de manière magistrale. Et quelle équipe ! Épaulé par les deux fondateurs de Cynic, Paul Masvidal et feu-Sean Reinert, complété par Steve Digiorgio du groupe Sadus, le guitariste-chanteur repousse les propres limites de son invention, non content d’avoir inventé le Death-Metal au milieu des années 80 (dont il partage la paternité avec le groupe Possessed), voici maintenant son petit frère le Death-Metal technique en ce début des 90’s, style qui est toujours défendu par d’excellents groupes encore aujourd’hui dont les allemands d’Obscura sont les dignes héritiers.

Les rythmiques jouées en aller-retours rapides à la double-croche, les solos ultra-fluides du soliste, complétant à merveille les orientalismes de Chuck, la basse fretless au jeu Jazz-Fusion appuyée par une batterie ultra-technique tout en finesse, auront créé bon nombre de vocations dont la mienne. Chaque minute de ce disque est un monument d’intelligence musicale, d’inventivité malsaine et de colère subtile.

Je n’ai jamais été vraiment fan des chanteurs qui hurlent à l’exception de Chuck, sa voix résonne dans mon corps et dans mon coeur à chaque écoute, c’est inexplicable. Pour couronner le tout, « Human » est parfaitement bien équilibré avec huit titres d’une durée certes un peu courte dont un morceau instrumental « Cosmic Sea » particulièrement imaginatif. Cet album a révolutionné le Metal et Chuck est un génie !