Death

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20 ans après la tragique disparition de Chuck Schuldiner, Death n’en finit pas de marquer la scène extrême du Metal grâce à l’une des discographies progressives du genre, progressive dans la deuxième partie de sa carrière mais aussi dans le sens évolutif du terme. Voici le classement des albums studio du groupe dans l’ordre de mes préférences.

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7. Chuck pose les bases du Death-Metal en 1987 avec ce premier album sur les cendres des démos du groupe « Mantas » qu’il a renommé « Death » comme une évidence. On y retrouve les caractéristiques du Thrash Metal, riffs de guitares ultra-saturés, tempos effrénés… Mais ce qui va réellement démarquer la formation, c’est le chant hurlant des textes aux thématiques morbides ainsi que l’ambiance lourde et malsaine du disque. C’est un disque novateur mais c’est aussi celui que j’aime le moins, Death s’est tant bonifié avec le temps grâce à de formidables évolutions de son style à chaque album.

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6. « Leprosy » poursuit l’exploration du groupe aux confins du Metal Extreme une année seulement après « Scream Bloody Gore », avec un changement de personnel complet comme ce sera bien souvent le cas, Chuck assumant parfaitement son rôle de meneur omnipotent. Le style s’affine légèrement avec des constructions de riffs et de solos de guitare qui laisse présager le meilleur pour l’avenir grâce à l’apport du guitariste du groupe « Massacre » Rick Rozz. On y retrouve quelques standards comme « Pull the Plug », « Open Casket » et le titre éponyme. 

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5. En 1990, nouveau changement de personnel mais cette fois-ci Chuck confie l’autre guitare à un virtuose pour l’épauler dans les solos. James Murphy apportera une vélocité et de biens jolies « couleurs » au Death-Metal de la formation grâce à différente technique de « guitar-hero » (tapping, legato…) l’amenant progressivement à quelque chose de plus sophistiqué. Chuck continue de progresser, sa guitare est plus précise, son chant mieux contrôlé. Coté texte, il abandonne la violence morbide des débuts pour des thématiques plus sociétales. Le titre éponyme est un monument à lui tout seul. « Living Monstrosity », « Within the Mind » ou encore « Altering the Future » s’impose comme des classiques du groupe.

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Dernier album du combo, aussi celui que j’aime le moins de la période technique. La production y est plus moderne mais je préférais quand même les productions de Scott Burns qui a progressé en même temps que le groupe et celle de Jim Morris sur l’album précédent. La voix de Chuck est encore plus perçante, les rythmiques saccadées comme jamais,  les riffs incisifs, les solos sont techniques à souhait et pourtant je trouve cet album bien en-dessous des 3 précédentes productions qui avait certes mis la barre très haute. « Scavenger of Sorrow », « Spirit Crusher » ou encore « Bite the Pain » sont autant de pépites qui s’ajoute au répertoire du groupe. A noter la reprise de « Painkiller » de Judas Priest qui, sans égaler l’original, fonctionne plutôt très bien. 

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Nous arrivons dans le top 3, dont l’ordre est clairement interchangeable tellement ce tryptique de chef d’œuvre aura bousculé mon cœur, mes oreilles et mon âme. Symbolic est l’album le plus « heavy » croisant le Death Metal technique avec des influences provenant du Heavy Metal anglais (Judas Priest, Iron Maiden…) et affirmant encore plus son penchant progressif depuis « Human ». Le casting est affolant, Gene Hoglan qui officie pour la deuxième fois dans Death et apporte une technicité et une modernité encore jamais vue, moins subtile que Sean Reinert mais tout aussi inventif, Bobby Koelble en guitare soliste déchaîné et Kelly Conlon à la basse qui succède à Di Giorgio avec un jeu plus conventionnel bien que très technique. « Empty Words », « Crystal Mountain », « 1000 eyes » ou encore le titre éponyme sont autant de brûlots que je réécoute régulièrement avec un immense plaisir.

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Lorsque j’ai entendu le morceau « Secret Face » sur la compilation « Masters of Brutality » lors de mon initiation au Death-Metal, à une époque où les compilations étaient de véritables chasses aux trésors et l’un des seuls moyens de découvertes avant internet, j’ai immédiatement acquis ce chef d’œuvre. Des roulements de toms de l’introduction de « Flattening of Emotions » jusqu’à « Vacant Planets », la fine équipe de Chuck Schuldiner déroule tout son savoir faire de manière magistrale. Et quelle équipe ! Épaulé par les deux fondateurs de Cynic, Paul Masvidal et feu-Sean Reinert, complété par Steve Digiorgio du groupe Sadus, le guitariste-chanteur repousse les propres limites de son invention, non content d’avoir inventé le Death-Metal au milieu des années 80 (dont il partage la paternité avec le groupe Possessed), voici maintenant son petit frère le Death-Metal technique en ce début des 90’s, style qui est toujours défendu par d’excellents groupes encore aujourd’hui dont les allemands d’Obscura sont les dignes héritiers. […] Pour couronner le tout, « Human » est parfaitement bien équilibré avec huit titres d’une durée certes un peu courte dont un morceau instrumental « Cosmic Sea » particulièrement imaginatif. Cet album a révolutionné le Metal et Chuck est un génie ! (voir la chronique complète)

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1. « Individual Thought Patterns » est le chef d’œuvre absolu du groupe, un line-up extraordinaire, Gene Hoglan, Steve Digiorgio complété par les solos inventifs d’Andy Larocque (King Diamond) où chacun joue au service de la musique de Chuck dans une cohésion jamais atteinte auparavant. Avec 10 brûlots de Metal technique ultra calibrés comme « The Philosopher », « Overactive Imagination » ou « Trapped in a Corner », le digne successeur de « Human » est la bande sonore extraordinaire de l’apogée du groupe et d’un homme qui a tout donné au Metal, tragiquement et prématurément disparu à cause d’une fichue maladie. Chuck’s Flame Live Forever ! (voir la chronique « Le Meilleur »