Pierre-Marie Châteauneuf – PMC Guitares

Entretien avec un luthier extrêmement talentueux, fin guitariste, amoureux de la six-cordes, qui est aussi un ami très proche, à qui j’ai confié la lourde tâche d’ouvrir cette nouvelle catégorie d’entrevues « Autour de la Musique » dédiée aux acteurs, souvent de l’ombre, qui oeuvre discrètement mais sûrement pour faire de la vie des musiciens, un rêve organique.

Peux-tu te présenter ?

Salut, Pierre-Marie Châteauneuf, guitariste depuis… 1990 déjà et luthier PMC Guitares depuis 2006, et donc grand amateur de musique, notamment de funk, soul, rythme & blues (Sly & The Family Stone, James Brown, Malka Familiy) et de hard/métal/fusion (Guns N Roses, Living Colour, Larkin Poe, Led Zep, Rival Sons, Extreme, FFF)

Parle-nous de ton activité ?

Je suis donc luthier, spécialisé en guitare électrique. Après différents stages, formations et expérimentations, je me suis installé en 2006 du côté de Montpellier. Mon travail est plus particulièrement centré sur le design et l’ergonomie de l’instrument dans le but de créer des instruments originaux, fiables et surtout faciles à jouer.
J’aime également expérimenter, comme la Mamba, une guitare concept qui ne cache la passion que Guillaume Robin (graphiste et co-designer de cette guitare) et moi avons pour Prince. Ou comme le Byblos (acoustique ou électrique) qui est un hybride entre oud et guitare.

Es-tu musicien également ?

Oui ! Je dirais même que j’ai du mal à comprendre que l’on puisse devenir luthier sans jouer les instruments que l’on fabrique.

Qu’est-ce qui te plaît dans ton activité ?

La création. Que ce soit pour la création d’un nouveau modèle (et donc nouveau design) ou imaginer une nouvelle finition ou mariage d’essences de bois pour un modèle existant. Par exemple le concept de couleur verte jaune et rouge sur la Thelonious fabriquée pour célébrer les 10 ans de mon activité. Ce choix des couleurs panafricaines est lié à la fois à mes origines guinéennes et au premier instrument que j’ai « bricolé » que j’avais repeint avec ces couleurs. C’était la guitare de Guillaume Robin qu’il avait découpé à la scie sauteuse pour lui donner une forme d’araignée, il l’a fait tomber, elle était en 2 morceaux et je l’ai en quelque sorte reconstruite.

Comment vois-tu l’avenir de ton métier ?

Bonne question… J’ai l’impression qu’il y a un retour au « fait main », une prise de conscience de la filière courte, de la consommation locale, car l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. 

Lors d’une discussion avec un collègue luthier finlandais, je faisais un parallèle entre les luthiers et les brasseries. Il y a finalement assez peu de temps, il y avait « peu » de choix de bières en dehors des gros brasseurs industriels. Maintenant même dans les petits supermarchés, on trouve des bières de « petits » brasseurs. À quelques centaines de mètres de l’atelier, une brasserie s’est créée.
Dans le cadre de mes stages, j’ai beaucoup de personnes qui font un travail un peu déconnecté du réel (informaticien par exemple) et qui viennent à l’atelier pour faire quelque choses avec leurs mains. Plus de personnes sont prêtes à consommer moins, mais mieux, quitte à payer plus cher pour du sur-mesure, du local.

Concernant l’évolution de la guitare électrique, c’est difficile à dire. Quelle est la dernière « innovation » ? Le vibrato Floyd Rose a été inventé en 1976, la même année qu’EMG, fer de lance des micros actifs. Depuis quelques années, on assiste à la montée en puissance des guitares headless, parfois avec un frettage en éventail. Mais finalement, ce n’est qu’un retour d’un concept créé (popularisé ?) par Ned Steinberger dès 1979. La Parker Fly est peut-être la dernière guitare un peu « innovante » ou « révolutionnaire », elle a été créé en 1993, et elle n’a pas remplacée les Fender/Gibson.

Quels sont tes rêves ?

Plus qu’un rêve une interrogation, même s’il n’est pas trop tard, je me demande ce qu’aurait pu être « PMC Guitares » si j’avais suivi la voie de l’industrialisation comme les amis de Two Notes. Est-ce viable aujourd’hui de lancer une marque industrielle de guitare électrique depuis la France ?
Mais sinon le vrai rêve serait d’avoir le niveau de Slash & Nuno Bettencourt à la guitare, d’Ihab Radwan au oud, de Robert Trujillo à la basse et de John Bonham à la batterie.

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