Vladimir Cosma

80 ans et une vie en musique au service du cinéma populaire !

Vladimir Cosma est un génie, il faudra peut-être encore quelques années au monde intellectuel pour le reconnaître, mais le public ne s’y est jamais trompé depuis son demi-siècle de carrière dans la musique de films, avec plus de 300 bandes originales pour le cinéma et la télévision, et un nombre considérable de classique, à commencer par le « Reality« , célèbre slow dans « La Boum« , de Claude Pinoteau avec Sophie Marceau qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

En master-class à la Sorbonne, en avril 2019, Vladimir Cosma nous avait confié avoir été obligé d’étudier les tubes d’Elton John et de Billy Joel, dont le fameux « Honesty » qui a directement inspiré le hit interprété par le jeune Richard Sanderson, repéré par Cosma lui-même.

Trop de tubes, trop de morceaux connus et trop de films tellement trop populaires, voilà ce qu’on pourrait reprocher bêtement à Vladimir Cosma qui, pour ne pas avoir collaboré avec les réalisateurs de la Nouvelle vague, n’a jamais disposé auprès des cinéphiles d’une réputation comparable à celle de Georges Delerue ou Michel Legrand…dont il a pourtant été l’assistant au début des années 60. Mais patience,  les thèmes tour à tour énergiques et nostalgiques de Vladimir Cosma et ses orchestrations tellement originales finiront d’obtenir la reconnaissance qu’ils méritent..

Né en Roumanie, dans une famille de musiciens, Vladimir Cosma, qui fête ses 80 ans ce 13 avril 2020, arrive à Paris en 1963 et y reçoit l’enseignement de Nadia Boulanger qui a notamment eu comme élève Quincy Jones, Lalo Shiffrinou…Michel Legrand dont il devient le plus proche collaborateur et qui lui met le pied à l’étrier dans l’univers de la musique de films. « Je suis arrivé à Paris avec l’objectif de rencontrer l’extraordinaire Michel Legrand dont le talent m’avait subjugué« …

Cherchant à vivre de la musique, il en devient l’assistant et qui l’initie à la composition pour le cinéma. En 1968, c’est Yves Robert qui lui commande sa première bande originale, « Alexandre le bienheureux » avec une réussite telle que Cosma va en devenir le compositeur attitré et, plus largement, celui du cinéma populaire français des années 70 et 80 dont il a signé les plus beaux succès…

En 1972, Yves Robert fait appel à lui pour « Le Grand Blond avec une chaussure noire », et lui demande une mélodie en forme de clin d’œil à James Bond, mais Cosma confie s’être méfié de la parodie en musique et a emporté la mise avec un air de flûte de pan avec cymbalum, dont le thème va magistralement accompagné la gestuelle burlesque de Pierre Richard et permettre au compositeur d’accéder à la reconnaissance du public comme à celle de la critique.

Depuis, Vladimir Cosma partage avec Ennio Morricone le génie d’avoir créé pour les films qu’ils accompagnent des thèmes incroyablement mémorables, reconnaissables et qui semblent indissociables des images qu’elles servent et qui, pourtant, connaissent une vie à part entière avec un formidable succès discographique.

Des « Aventures de Rabbi Jacob » de Gérard Oury avec Louis de Funès à « L’as des as », avec Belmondo, de Pascal Thomas à Francis Veber, en passant par Yves Boisset, Jean-Jacques Beineix, Édouard Molinaro, Jean-Pierre Mocky ou Claude Zidi, le cinéma populaire qui a tant changé depuis le tournant des années 2000, lui doit tant des années 70 aux années 90, à l’époque où la BO était reine, mais la télévision et les DVD sont là pour faire vivre encore longtemps ses si belles musiques…

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